C’est une chose dont on ne parle que rarement mais l’activité dans une start-up permet de travailler de façon totalement différente de tout ce que l’on voit dans le monde “normal”, c’est à dire dans les entreprises traditionelles. Ainsi, à Digibonus, le fait que l’ensemble de nos outils soient dans le cloud permet d’y accéder de n’importe où et n’importe quand. Même en étant une entreprise particulièrement décentralisée, je ne pense pas que nous soyons un cas unique en tant que start-up : direction commerciale basée à Paris, R&D à Belgrade -où je me rends une semaine par mois- directeur de la production (moi-même) vivant à Sète, où j’ai acheté un appartement il y a quatre ans. Bien sûr, il nous faut nous voir régulièrement et c’est pourquoi je viens à Paris environ 2 fois par mois, mais la plupart de nos réunions se font par Skype. Il n’est pas rare que notre CTO, situé à Belgrade y participe, ainsi que mon associé, situé à Paris également, que moi-même, je sois à Sète, et que l’on y joigne un client qui se trouve à par exemple à Lyon.
D’une façon générale, il me semble que la notion d’espace joue de moins en moins mais, qu’en revanche la notion de temps joue de plus en plus : les concurrents ne mettent plus des années à développer des offres concurrentes à notre dernière technologie super innovante, mais plutôt des semaines et nos clients demandent en jours ce qu’ils voulaient en semaines il y a seulement deux ans. Je constate d’ailleurs que je suis plus le seul à vivre dans le sud et à travailler pour une société parisienne. Et d’ailleurs, nous sommes maintenant plusieurs à nous retrouver dans le TGV du vendredi soir… Un signe qui ne trompe pas que notre monde évolue vite.
Je suis pour ma part convaincu que le monde des startups représente la proue d’une tendance de fond, qui va voir le mode de travail évoluer considérablement dans les années à venir : les outils de visioconférence vont s’améliorer (skype n’est pas encore parfait), tandis que les applications dans le cloud vont devenir de plus en plus sophistiqués, généralisant ainsi le travail à distance. Pour une startup, cela représente une grande opportunité : nous envisageons désormais d’atteindre des marchés lointains (nous regardons avec intérêt le marché asiatique par exemple), avec des investissements limités. Sur un autre plan, nous pouvons facilement faire participer les meilleurs experts à notre développement, sans parfois n’avoir besoin de ne faire plus qu’un simple rendez vous de contact avec eux.
Bienvenu dans le XXème siècle.
Jean-Marc Holder, Chairman.

